Décryptons ensemble les principales caractéristiques du label AB

Décryptons ensemble les principales caractéristiques du label AB

L’équipe du Bonheur en Bocal vous parle aujourd’hui d’un label bio qu’on voit depuis des années sur nos produits alimentaires : AB.

Mais de quoi s’agit-il plus précisément ? Quel niveau de réelle qualité bio peut-on attendre avec ce label ?

Découvrons cela en détail ensemble !

Tout d’abord, il faut savoir que le label AB exclut l’utilisation de produits chimiques de synthèse. Il limite aussi très fortement la présence d’OGM et les intrants (les produits non naturels cherchant à optimiser les rendements).

Vous avez bien lu : le label AB “autorise” donc la présence (en très faible quantité : 0,9%) d’organismes génétiquement modifiés. Notre avis : l’impact sur la santé humaine est certainement bien plus faible qu’un produit 100% OGM (comme il en existe dans différents pays du monde), et c’est probablement aussi une forme de compromis nécessaire pour ne pas limiter l’implantation de fermes biologiques. Mais à savoir tout de même, le label AB ne protège pas complètement contre les OGM.

Le label AB à l’ombre de la feuille européenne ?

Depuis 2009, les critères du label Agriculture biologique s’alignent sur ceux du label bio européen. Cette modification rend le label AB moins contraignant qu’à ses origines, notamment parce qu’il autorise la présence de traces accidentelles d’OGM, comme nous venons de le voir. À terme, ce label devrait laisser place au label européen, symbolisé par l'”Eurofeuille”.

Bon à savoir : face à cette chute des exigences, des éleveurs et des magasins bio, accompagnés par la FNAB, ont lancé le label privé Bio Cohérence. Ce label “reprend les anciennes exigences du cahier des charges du label bio AB”, selon Futura Planète, mais “en durcissant certains critères et en ajoutant une démarche d’amélioration continue”.

Les exigences du label AB

Voyons à présent les exigences du label AB car elles ne sont heureusement pas neutres et nous protègent dans notre consommation.

Les conditions du label AB dépendent des textes législatifs concernant l’agriculture biologique. Vous trouverez dans la liste de cet article quelques éléments vous permettant d’y voir un peu plus clair.

Note importante : cette liste d’exigences du label AB n’est pas exhaustive, étant donné la variété de réglementations qui régissent ce label. Nous vous donnons ici un aperçu des points principaux.

Voici 3 règles à connaître sur le label AB en ce qui concerne…

… les végétaux produits de manière bio

1. Les semences doivent être produites sans utilisation d’OGM.

2. Elles doivent être cultivées selon la méthode de production biologique.

3. Les parcelles de culture doivent avoir été converties durant au moins une génération ou deux périodes de végétation.

… le vin biologique

1. Les vins bio compris entre 2g et 5g de sucres résiduels ne doivent pas comporter plus de 120 mg de dioxyde de soufre (SO2) par litre pour des vins (on parle aussi de sulfites). À titre de comparaison, des vins rouges avec le même taux de sucres résiduels peuvent monter jusqu’à 200mg de SO2 par litre.

2. De nombreuses autres pratiques sont réglementées, à l’instar de l’interdiction de la concentration partielle par le froid, des traitements par électrodialyse ou bien encore de la désalcoolisation partielle des vins.

3. Depuis août 2012, les viticulteurs peuvent utiliser la mention « vin biologique » et l’Eurofeuille sur leurs étiquettes. Auparavant, ils ne pouvaient afficher que les termes « vin de raisins issus de l’agriculture biologique ».

… l’élevage au sens large

1. Les animaux doivent avoir un accès permanent à des espaces de plein air quand les conditions climatiques et l’état du sol le permettent.

2. La totalité de la surface destinée à l’alimentation des animaux doit être engagée en bio.

3. Hormis pour des raisons de sécurité, de bien-être ou de vétérinaire, l’attache ou l’isolement d’un animal d’élevage est interdit.

Pour aller plus loin dans le bio : le cadre général de l’élevage selon produire-bio.fr.

… les œufs bio

1. Les facteurs de croissance et les acides aminés de synthèses sont interdits.

2. L’ebecquage (raccourcissement du bec) et la pose de lunettes (inventées pour limiter les picages entre poules) sont interdites.

3. Au moins 1/5ème des aliments des poules est originaire de l’unité de production elle-même. En cas d’impossibilité, cette nourriture peut produire d’une coopération avec d’autres exploitations biologiques principalement situées dans la même région.

Pour aller plus loin dans le bio : la fiche complémentaire sur le bio et les poules pondeuses.

… le porc bio

Nous n’en proposons pas en boutique chez Du Bonheur en Bocal, mais rien n’empêche d’en parler tout de même 🙂

1. La pose d’anneaux dans le nez des cochons est interdite. Les boucles nasales ou les agrafes leur empêchent de fouiller le sol, ce qui fait contrevient à leur instinct.

2. 74 porcelets ou 6,5 truies reproductrices, ou  14 porcs à l’engrais ou verrats. Ce sont les limites de population autorisées par hectare (ha), afin de ne pas dépasser 170 kg d’azote par an et par ha de terres agricoles.

3. Au-delà d’une alimentation bio, des fourrages grossiers, frais, secs ou ensilés doivent être ajoutés à la ration journalière de ces animaux.

Pour aller plus loin dans le bio : la fiche complémentaire sur le bio et les porcs d’élevage.

… les produits bio issus de l’apiculture

Et le miel alors ? 🙂

1. Les ruches doivent être suffisamment loin des sources contaminantes comme les usines ou les autoroutes.

2. Sauf en cas d’absence de floraison ou quand les ruches sont en sommeil, ces dernières doivent essentiellement (au moins 50% des zones de butinage en accord avec le règlement bio) comporter dans un rayon de 3 km : des cultures en agriculture biologique et/ou une flore spontanée et/ou des cultures traitées avec des méthodes impactant peu l’environnement.

3. Le corps, les hausses et les cadres des ruches doivent être constitués de matériaux naturels.

Pour aller plus loin dans le bio : l’apiculture et l’agriculture biologique.

… l’alimentation de vos animaux de compagnie

Et pour nos chers chats et chiens ? Comment cela se passe avec le label AB ?

1. Pour être estampillé “bio”, un aliment composé doit contenir au moins 70 % de matières premières obtenues selon le mode agriculture biologique.

2. Les emballages unitaires (dans le cas où il y a plusieurs couches d’emballage) doivent afficher la mention “aliment pour animaux” ou bien “aliment pour [tel animal]” de manière visible, lisible et indélébile. 

3. Les ateliers de préparation des aliments bio pour animaux de compagnie doivent s’approvisionner auprès d’établissements de cession de matières premières qui respectent les règles définies dans le cahier des charges CC REPAB F et les dispositions du règlement (CEE) n°2092/91 modifié.

Pour aller plus loin dans le bio : parcourez le cahier des charges des aliments bio pour animaux de compagnie.

… le secteur de la restauration

Enfin, si vous allez au restaurant, sachez que :

1. Depuis janvier 2020, les restaurants peuvent être certifiés sur la base des “quantités produits” achetés par l’établissement : de 50 % à 75 %, de 75 % à 95 %, au moins 95 %. Le pourcentage exprime la valeur d’achat de denrées/ingrédients bio dans l’élaboration et la vente des produits.

2. La certification « Plat(s) et/ou menu(s) », quant à elle, repose sur “le plat composé d’au moins 95% en poids d’ingrédients et/ou de denrées biologiques ou sur le menu constitué à 100% de plats ou denrées biologiques”, selon Bureau Veritas.

3. Pour trouver des producteurs, l’Agence Bio propose de consulter le Réseau Manger Bio.

Astuce en bonus : vous pouvez aussi utiliser l’annuaire de l’agence Bio pour trouver un producteur, un préparateur, un distributeur ou un importateur de produits certifiés AB.

Pour aller plus loin dans le bio : consultez l’arrêté du 28 novembre 2011 concernant la restauration et l’agriculture biologique.

… les importations de produits hors Union européenne

Vous le savez, chez Du Bonheur en Bocal, l’une de nos ambitions est de vous proposer des produits locaux autant que possible. Mais ce n’est pas possible en pratique pour tout type de produits (je pense aux bananes par exemple, mais pas que !).

Sachez donc que :

1. La réglementation des pays étrangers à l’UE n’apporte pas souvent de garanties suffisantes. Les produits bio qui proviennent de ces États doivent alors être certifiés par un organisme de certification validé par la Commission européenne.

2. Les lots de produits bio provenant de pays situés en dehors de l’UE doivent être accompagnés d’un certificat d’inspection électronique. Selon agriculture.gouv.fr, les contrôleurs sont :

– la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) pour les produits d’origine non animale.

– la DGAL (direction générale de l’alimentation), et notamment les services du SIVEP (service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire) pour les produits animaux et d’origine animale, et l’alimentation animale.

3. Depuis 2012, les autorités américaines et la Commission européenne reconnaissent comme équivalentes les conditions de production et les mesures de contrôle appliquées par l’UE et les USA pour les produits bio.

Et voilà pour cet article parcourant les points-clés du label bio AB. S’il vous a plu ou si vous avez des questions sur les principales caractéristiques du label AB, alors, n’hésitez pas à laisser un commentaire, à nous envoyer un message privé ou à venir échanger dans notre épicerie bio : 15bis rue Aristide Briand à Saint-Etienne de Montluc.

Contactez-nous pour toute question ou renseignement !

PS : Vous pouvez également consulter un résumé des différents règlements sur l’agriculture biologique.

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