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Enquête Zéro Déchet – les résultats !

Notre épicerie bio, vrac et de produits locaux, Du Bonheur en Bocal, basée près de Nantes, a conduit une enquête sur les habitudes de consommation, notamment les pratiques Zéro Déchet.

526 réponses anonymes ont été collectées entre le 5 avril 2025 et le fin décembre 2025, principalement via LinkedIn.

Cela nous semble être un volume de réponses assez important, permettant de tirer quelques conclusions des résultats, même si nous ne pouvons pas garantir que le panel des répondants est représentatif de la population française dans toute sa diversité.

Cette enquête montre une réelle sensibilisation, malgré des freins persistants : coût des alternatives, manque de temps, accès limités…

L’enquête et son analyse sont aussi l’occasion de faire le point sur certains biais, à l’image des sacs papier, fortement utilisés et pourtant loin d’être de bons outils pour réduire l’impact environnemental des achats.

Cette analyse, nous l’espérons, permettra à tout un chacun de découvrir la démarche Zéro Déchet et pourquoi s’y engager !

Faits notables dans les résultats d’analyses de l’enquête sur les pratiques Zéro Déchets en France

Moins de voiture pour aller faire ses courses dans les grandes villes

Dans les grandes villes, près de la moitié des répondants prennent leur voiture pour aller faire leurs courses.

Dans les petites villes, c’est près de 4 personnes sur 5.

Dans les campagnes et montagnes, c’est près de 95 % des consommateurs qui prennent la voiture pour faire leurs courses.

Le mode de transport le plus représenté au général est donc la voiture, mais cette dernière est « concurrencée » par d’autres modes de transports, notamment dans les grandes villes :

  • Dans les grandes villes, 15% des répondants prennent leur vélo (ou autre transport doux) pour aller faire leur course, contre près de 5% dans les petites villes et en campagne.
  • Les transports en commun sont largement plus utilisés, en proportion, dans les grandes villes également, même si cela reste mineur (moins de 3% pour les grandes villes).
  • Aller faire ses courses à pieds représente près de 1 répondant sur 3 en grande ville, contre près de 15% dans les petites villes et environ 1% en campagne/montagne.

Poubelles : le compost devant les ordures ménagères

La poubelle des « recyclables » est largement la plus utilisée, en comparaison avec celles du compost (2ème la plus remplie) puis des ordures ménagères (3ème et dernière).

 SupermarchéMarchéÉpicerie bio et/ou magasin vracDriveProducteurs locaux / AMAPAutre
Ordures ménagères5212%1911%167%1311%53%510%
Recyclables31670%11667%14367%8872%10169%3165%
Compost8218%3922%5526%2117%4128%1225%
Autre00%0000%00%00%00%

On relève une proportion moins importante de compost chez les personnes qui vont au moins une fois par semaine au supermarché et au Drive, par rapport notamment à ceux qui vont au marché, chez des producteurs locaux / AMAP, épiceries bio et/ou magasin vrac.

Explications possibles : les produits du drive et des supermarchés sont plus largement emballés, ce qui génère plus de matière dédiée au non-alimentaire.

La proportion d’ordures ménagères est aussi plus importante chez les personnes qui vont au moins une fois par semaine au supermarché, au Drive mais aussi au marché, par rapport notamment à ceux qui vont chez des producteurs locaux / AMAP, épiceries bio et/ou magasin vrac. À noter qu’il n’est pas exclu que certains répondants aillent très régulièrement à la fois au supermarché et/ou au Drive et dans d’autres types de points de vente.

De potentiels biais peuvent relativiser les résultats. Tout d’abord, un gros volume de remplissage d’une poubelle n’indique pas un important poids, à la différence du compost souvent plus tassé.

Il pourrait aussi y avoir quelques confusions dans les notions de recyclabilité. En effet, il y a encore des différences de traitement et des idées reçues courantes :

  • Tous les plastiques ou objets complexes (barquettes, films plastiques, textiles traités) ne sont pas recyclables, malgré des symboles trompeurs comme les trois flèches.
  • Le « recyclage » ne boucle pas toujours : une bouteille devient souvent un autre produit, pas une nouvelle bouteille identique.
  • Qui dit « recyclé » ne dit pas « recyclable ». Et pourtant, l’on peut lire dans
  • permet d’indiquer « produit entièrement recyclable » si la matière recyclée produite par les processus de recyclage mis en œuvre représente plus de 95 %, selon le décret n°2022-748.

La différence peut aussi se trouver au niveau des comportements, c’est-à-dire non par un lien de corrélation directe entre le gaspillage et le lieu d’achat, mais plus par des habitus associés.

Le supermarché est de loin le point de vente le plus fréquenté

FréquencesSupermarchéMarchéÉpicerie bio et/ou magasin vracDriveProducteurs locaux / AMAPAutre
Jamais37120120225166168
Tous les jours ou presque1937237
1 x par semaine3361311609411231
1 x par mois1111761407110924
Vide239699134136296

466 indiquent aller au supermarché au moins une fois par mois, contre 310 au marché, 307 en épicerie bio et/ou magasin vrac, 167 au drive, 224 chez les producteurs locaux / AMAP et 62 dans d’autres types de points de vente.

Le supermarché/hypermarché est très fréquenté partout, légèrement plus en petite ville (92 % des répondants déclarent s’y rendre pour leurs courses) qu’en grande ville (88 %) et à la campagne/montagne (87 %).

 SupermarchéMarchéÉpicerie bio et/ou magasin vracDriveProducteurs locaux / AMAPAutre
Dans une grande ville (> 10.000 habitants)2671911888310838
Dans une petite ville (< 10.000 habitants)1086664395113
À la campagne / montagne (dans un bourg)885252456411

Le drive à la traîne

Parmi les systèmes de courses proposés dans notre questionnaire, le drive est celui que le plus de répondants n’utilisent jamais pour faire leurs courses.

Le drive semble toutefois se développer, du moins dans un marché où l’offre s’adapterait bien à une demande. En 2024, on comptait ainsi plus de 7 100 drives sur le territoire national contre 6000 en janvier 2021.

Le drive est nettement plus utilisé en campagne / bourg (45 % des répondants déclarent s’y rendre pour leurs courses), puis en petite ville (33 %), et moins en grande ville (27 %).

Les producteurs locaux et AMAP sont juste derrière (si on se concentre sur ceux qui ne sont jamais utilisés). Ils sont proportionnellement plus utilisés en campagne/montagne.

 Dans une grande ville (> 10.000 habitants)Dans une petite ville (< 10.000 habitants)À la campagne / montagne (dans un bourg)
Producteurs locaux / AMAP1085164
Nombre de répondants304118101
Proportion35,53 %43,22 %63,37 %

Le nombre de répondants qui font leurs courses auprès de producteurs locaux et/ou d’AMAP est proportionnellement plus important à la campagne / montagne que le nombre de citadins. « La majorité des AMAP sont situées en milieu urbain, mais nous constatons un mouvement vers les villes rurales », indique amap-aura.org.

Le sac papier du magasin : un ami trompeur

« Des sacs papier du magasin » obtient le plus de réponses. Cependant, leur impact est loin d’être négligeable ! Les empreintes de production et de transport (dû au poids des sacs) sont plus importantes que celles des sacs en plastique. Ils sont biodégradables et se décomposent plus vite que le plastique (en quelques mois contre des siècles), mais dans les décharges, ils libéreraient du méthane, gaz à effet de serre notable. Leur recyclage est possible, mais souvent limité si souillés par des aliments.

Bocaux, boîtes, sacs en tissu réutilisables sont des alternatives à privilégier. En comparaison avec des sacs papier ou plastique jetables à usage unique, les impacts de production et de transport initial des bocaux, boîtes, sacs en tissu réutilisables sont amorties au bout de quelques dizaines d’utilisations. De plus, leur lavage reste moins impactant que le coût hydrique et électrique d’un lavage régulier.

En somme, sacs en tissu, bocaux ou boîtes lavables seraient idéalement à développer. Cela nécessiterait toutefois de revoir certaines habitudes : habituer sa clientèle à apporter ses contenants ou mettre en place des systèmes de consignes.

Des freins restant à soulever pour réduire les déchets

En réponse à la question à propos de la réduction des déchets, le frein qui revient le plus est « le coût des alternatives », suivi du « manque de temps » qui pourrait souligner que le niveau de sensibilisation n’est pas suffisant pour faire passer la réduction des déchets dans les priorités de l’agenda d’une majorité de répondants. On parle bien de « niveau de sensibilisation » et non de « manque d’informations », car le « manque d’informations » est l’un des freins les moins cités.

Parmi les freins, viennent en troisième position le fait d’avoir « déjà changé pas mal de choses », puis en quatrième position « l’accès limité aux commerces adaptés ».

Pour cette dernière raison, le questionnaire de l’enquête ne demande pas de détails, mais on peut soumettre l’hypothèse que l’idée du tri subit encore les affres des gestions autonomes des contrats des communes avec des centres de tri aux capacités techniques différentes, ce qui créait une large gamme de règles suivant les foyers. Depuis 2023, toutefois, la règle en France est devenue la même pour tous en France : « Tous les emballages se trient ».

Depuis le 1er janvier 2024, toutes les collectivités ont l’obligation de proposer une solution pour le tri des restes alimentaires, mais là aussi on retrouve des différences entre les communes : certaines distribuent des composteurs individuels, d’autres installent des bacs marron de collecte ou des bornes de quartier, tandis que d’autres ne sont pas encore à la page.

Un composteur qui risquerait de finir au compost ?

Environ 3 quarts des urbains de grande ville (>10 000 hab.) déclarent avoir accès à un composteur (individuel ou collectif), et une majorité d’entre eux l’utilisent effectivement.

L’accès déclaré serait plus large encore dans les campagnes/montagnes (82 % d’accès annoncé) et dans les petites villes (< 10 000 hab.) avec 85 % d’accès annoncé.

Avez-vous accès à un composteur (individuel ou collectif) ?Dans une grande ville (> 10.000 habitants)Dans une petite ville (< 10.000 habitants)À la campagne / montagne (dans un bourg)
Oui, et je l’utilise1939477
Oui, mais je ne l’utilise pas3666
Non691817
Je ne sais pas601

L’accès assez large aux composteurs collectifs doit une part de sa répartition à la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (dite loi AGEC). Celle-ci prévoyait la généralisation du tri à la source des biodéchets d’ici le 1er janvier 2024 pour l’ensemble des producteurs de biodéchets.

On remarque malgré tout un manque d’accès (ou la croyance d’un manque d’accès ou encore une proximité pas jugée suffisante) encore important aux composteurs au regard de la loi.

On relève aussi une sous-utilisation de la population qui y a accès : dans les grandes villes, par exemple, environ 16 % de ceux qui signalent avoir un accès à un composteur n’utilisent pas ce ou ces composteurs.

Note d’attention : il pourrait y avoir une confusion entre les composteurs collectifs (pouvant produire de l’engrais naturel via une décomposition biologique sur place) et les poubelles de biodéchets collectives qui peuvent servir à un compostage centralisé, mais aussi à de la méthanisation.

Que faire à présent ?

Cette enquête a permis de faire le point, de soulever des informations, de confirmer probablement chez vous lecteur des aprioris, ou bien en rejeter.

La prise en compte est importante, mais comme nous pouvons le voir dans cette étude notamment, cela ne suffit pas toujours à passer à l’action.

Nous vous proposons donc, dès maintenant, par un engagement à prononcer à voix haute derrière votre écran, de modifier une habitude, faire une action allant dans le sens du Zéro Déchet. Pour vous aider, nous nous permettons d’ailleurs de vous présenter le blog du Bonheur en Bocal, dans lequel vous pourrez trouver des inspirations zéro déchet, bio et durable.

D’autres ressources utiles :

Les réponses brutes à l’enquête sur les pratiques Zéro Déchets en France

Voici à présent les résultats bruts  de l’enquête, si vous souhaitiez les utiliser (veuillez svp nous citer avec un lien vers cet article dans ce cas, afin de soutenir nos efforts dans ce travail) !

Nous donnons ces résultats bruts en forme textuelle, ainsi qu’en version visuelle.

Selon vous, quel pourcentage des déchets plastiques est réellement recyclé en France ?

  • Environ 87% > 6 répondants
  • Environ 68% > 89
  • Environ 26% > 333
  • Environ 7% > 98

Vous êtes :

  • Une femme > 328
  • Un homme > 195
  • Une personne non binaire > 3
  • Je préfère ne pas répondre > 0

Quel est votre âge ?

  • Moins de 18 ans > 0
  • 18-24 ans > 21
  • 25-34 ans > 110
  • 35-44 ans > 184
  • 45-54 ans > 145
  • 55-64 ans > 55
  • 65 ans et plus > 11

Dans quelle région vivez-vous ?

  • Pays de la Loire > 231
  • Île-de-France > 71
  • Auvergne-Rhône-Alpes > 49
  • Bretagne > 43
  • Nouvelle-Aquitaine > 40
  • Occitanie > 22
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur > 19
  • Bourgogne-Franche-Comté > 12
  • Hauts-de-France > 11
  • Normandie > 10
  • Centre-Val de Loire > 9
  • Grand Est > 8
  • Outre-mer (Guadeloupe, Réunion, etc.) > 1
  • Ailleurs qu’en France > 1

Vous vivez plutôt :              

  • Dans une grande ville (> 10 000 habitants) > 304
  • Dans une petite ville (< 10 000 habitants) > 118
  • À la campagne / montagne (dans un bourg) > 101

Comment allez-vous faire vos courses, le plus souvent ?

  • À pied > 125
  • En voiture > 339
  • En vélo (ou autre transport doux) > 53
  • En transports en commun (train, métro, bus, etc.) > 9

Quel est le nombre de personnes dans votre foyer ?

  • 1 > 68
  • 2 > 153
  • 3 > 101
  • 4 > 147
  • 5 ou plus > 51
    Vide > 6

Y a-t-il des enfants dans votre foyer ?

  • Oui > 299
  • Non > 227

Et des animaux domestiques ?

  • Oui > 255
  • Non > 270

Où faites-vous vos courses le plus souvent ? (fréquence par lieu)

Supermarché / hypermarché

  • Jamais > 37
  • 1 fois par mois (env.) > 111
  • 1 fois par semaine (env.) > 336
  • Tous les jours ou presque > 19
  • Vide > 23

Marché

  • Jamais > 120
  • 1 fois par mois (env.) > 176
  • 1 fois par semaine (env.) > 131
  • Tous les jours ou presque > 3
  • Vide > 96

Épicerie bio / vrac

  • Jamais > 120
  • 1 fois par mois (env.) > 140
  • 1 fois par semaine (env.) > 160
  • Tous les jours ou presque > 7
  • Vide > 99

Drive

  • Jamais > 225
  • 1 fois par mois (env.) > 71
  • 1 fois par semaine (env.) > 94
  • Tous les jours ou presque > 2
  • Vide > 134

Producteurs locaux / AMAP

  • Jamais > 166
  • 1 fois par mois (env.) > 109
  • 1 fois par semaine (env.) > 112
  • Tous les jours ou presque > 3
  • Vide > 136

Autres

  • Jamais > 168
  • 1 fois par mois (env.) > 24
  • 1 fois par semaine (env.) > 31
  • Tous les jours ou presque > 7
  • Vide > 296

Achetez-vous certains produits en vrac (pâtes, riz, fruits secs, etc.) ?

  • Oui, régulièrement > 156
  • Oui, de temps en temps > 135
  • Rarement > 130
  • Jamais > 105

Si vous achetez en vrac (marché, épiceries vrac, supermarché, etc.), vous utilisez plutôt :

  • Des sacs en tissu > 156
  • Des bocaux ou boîtes (lavables) > 126
  • Des sacs papier du magasin > 298
  • Des sacs plastique jetables > 16

Quel type de poubelle est la plus remplie chez vous ?

  • Ordures ménagères > 67
  • Recyclables > 462
  • Compost > 131
  • Autre > 1

Avez-vous accès à un composteur (individuel ou collectif) ?

  • Oui, et je l’utilise > 366
  • Oui, mais je ne l’utilise pas > 48
  • Non > 105
  • Je ne sais pas > 7

Avez-vous déjà réfléchi à la quantité de déchets que vous produisez ?

  • Oui, souvent > 312
  • Oui, un peu > 152
  • Pas vraiment > 54
  • Non, jamais > 8

Dans votre quotidien, vous essayez de : (réponses multiples)

  • Trier vos déchets > 501
  • Réduire le plastique jetable > 321
  • Éviter les produits suremballés > 385
  • Donner / vendre ce dont vous ne vous servez plus > 453
  • Acheter d’occasion > 378
  • Réparer au lieu de jeter > 413
  • Limiter vos achats tout court > 314
  • Autre > 7

Utilisez-vous des cosmétiques solides (shampoing, savon, dentifrice…) ?

  • Oui, régulièrement > 270
  • J’ai essayé, mais pas accroché > 150
  • Non, pas encore > 91
  • Ça ne m’intéresse pas > 15

Pour le ménage, vous utilisez surtout :

  • Produits classiques du commerce > 121
  • Produits écologiques du commerce > 216
  • Fait maison > 188
  • Vide > 1

Qu’est-ce qui vous donne envie de réduire vos déchets ? (réponses multiples)

  • Protéger l’environnement > 501
  • Faire des économies > 179
  • Transmettre de bonnes habitudes > 331
  • Réduire l’encombrement > 167
  • Payer moins cher en frais de collecte de déchets > 65
  • Pour suivre une tendance / un mode de vie > 47
  • Je ne suis pas motivé·e pour l’instant > 4
  • Autre > 16

Et qu’est-ce qui vous freine le plus ? (réponses multiples)

  • Le manque de temps > 175
  • Le coût des alternatives > 188
  • Le manque d’informations > 57
  • L’accès limité aux commerces adaptés > 160
  • L’impression que c’est compliqué > 112
  • Mon entourage ne suit pas > 55
  • J’ai déjà changé pas mal de choses > 183
  • Rien ne me freine vraiment > 104

Avez-vous déjà essayé de passer au zéro déchet ?

  • Oui, et je continue > 241
  • Oui, mais j’ai arrêté > 62
  • Non, pas encore > 222
  • Vide > 1